Impertinence (suite)
Incipit: http://ivresse-mecanique.tumblr.com/post/16768187023
Mais je n’ai pas bougé. La terre s’est contenté de bouger pour moi, elle s’est contentée de bouger pour moi. Je me suis retrouvé seul emmuré dans cet espace qui devenait de plus en plus vide à mesure que son odeur disparaissait. Et en une fraction de seconde, je suis redevenu tout ce que je détestais chez moi, le mépris a refait surface. J’ai cherché à voir le bon côté des choses, j’ai atteint à ce moment là l’apogée de l’auto-condescendance, avant de réaliser qu’il n’y avait aucun bon côté. L’explosion étouffée et insonore des nos derniers instants était sûrement préférable à tout dialogue de sourd entre deux bêtes incomprises. J’étais sous l’emprise de la souffrance mais par-dessus tout j’étais insatisfait. Insatisfait de ce que nous laissions derrière nous, un souvenir froissé à la manière d’une tâche de café sur une photographie jaunie par le temps. Il n’y avait plus rien à faire ma dérive était de plus en plus imminente à mesure que le temps s’écoulait et qu’il nous éloignait. Il était devenu inutile de chercher à comprendre, elle était partie, ne laissant derrière elle qu’une douleur innommable.
Je n’ai pas pour habitude de publier sur ce blog des messages à caractère politique, mais un ami à poster cette vidéo sur son Facebook avec comme titre: Trouvez-vous cette publicité raciste?
Je n’ai pas pu m’empêcher de réagir face à certains commentaires laissés par d’autres, mais surtout face à cette publicité de l’Union Européenne. Voici donc ma réponse à sa question:
Il n’y a aucun doute là dessus. Les messages sont on ne peut plus clair « Unis face aux étrangers qui finiront par se plier sous la puissance des européens de l’Union.» Je suis consterné par ce genre de message transmis par des autorités qui jadis se sont réunis en faveur de l’économie mais qui avait avant tout comme idée finale : la paix. Schumann et Monnet doivent se retourner dans leur tombe sans parler des autres. Les européens de l’Union sont blancs tandis que le reste du monde est noir, asiatique, indien, sud-américains ? Que fait-on des européens originaires de ces pays? En plus de ne pas être pris en compte, ils sont clairement vus ici comme des envahisseurs à soumettre par le “géant” blanc. Ce qui rappel déjà fortement la mission civilisatrice de l’homme blanc européen pendant la colonisation. “Regardez comme nous sommes beaucoup plus sage que vous. Nous ne faisons pas la guerre. Rejoignez nous pour devenir des êtres évolués.” D’ailleurs, si on persévère dans la logique de cette publicité et que ce message était réellement dans le but de rassembler plus de monde, il devrait y avoir des assaillants “blancs” aussi: Norvège? Suisse? Russie? USA? Qui ne font pas parti de l’Union-Européenne. Et puis, arrêtons tous ces mensonges, ces illusions, ces balivernes que l’on nous sert. Croyez vous sincèrement que l’Union Européenne est prête à accueillir des pays d’autres continents: Asie, Afrique, Amérique? Question purement oratoire, vous l’avez compris. Finissons malgré tout sur une note positive et la seule d’ailleurs: la référence à Kill Bill de Quentin Tarantino. Eh bien non, à nouveau c’est une fausse note. Une icône culturelle américaine pour une publicité de l’Union Européenne ? L’Europe n’a-t-elle pas elle aussi une culture qui lui est propre et qui serait beaucoup plus approprié pour une publicité visant à la mettre en valeur ? Surtout que, rappelons-le, Kill Bill I, c’est un peu l’histoire d’une américaine blanche qui tue des milliers de Japonais. Mais allez, soyons fou et omettons ce détail, que reste-t-il? Pas grand-chose, vous l’avez déjà compris.
Sachant que la vidéo a été supprimé par les responsables quelques heures après avoir été publié, je demande à ceux qui sont en accord avec moi, de faire tourner ce billet pour que chacun puisse en être informé.
Impertinence
Je suis resté planté là, allongé sur le lit. Je me suis contenté de la regarder se rhabiller, rassembler le minimum de ses affaires et passer le perron de la porte. Je me rappelle encore aujourd’hui, avec mélancolie, du bruit de ses pas descendant les escaliers, de ses sanglots résonnant dans le hall de l’immeuble et du silence qui s’est installé par la suite.
J’aurai pu courir à moitié nu dans l’appartement, ouvrir la porte, sauter une marche sur deux et la rattraper dans le hall. C’est ce qu’elle attendait de moi, c’est ce que j’attendais de moi et c’est ce que je n’ai pas fait.
Suis-je une œuvre d’art orgueilleuse ?
La tête baissée, les yeux plissés, vous êtes entrain de lire cet écriteau pour comprendre de quoi il est question. Et bien je vais vous dire, il est question de vous et seulement de vous. A la lecture de ces mots, un sourire se dessine sur votre visage. Je ne vais vous demander qu’une seule chose : celle de vous regarder dans ce miroir. Oubliez le reste, oubliez les autres, vous êtes le seul qui en vaille la peine.
Si vous vous êtes arrêté face à ce miroir, à l’origine, c’est par curiosité. Mais une fois devant lui, vous ne vous êtes pas contenté de jeter un simple regard. Vous êtes resté planté là, à plonger votre regard dans ce miroir et dans votre illusion. Vous avez tourné le dos au monde, pour pouvoir vous retrouver votre alter-ego et vous, votre orgueil et vous. Dans la mesure, où vous ne reconnaissez pas spontanément la vérité au sujet de vous-même, au sujet de vos défauts, de vos erreurs passées, de vos torts, dans la mesure où vous essayez de projeter une image de vous-même qui ne correspond pas à la réalité, et cela souvent au détriment des autres, sachez jeunes gens que vos esprits sont atteints de la terrible maladie de l’orgueil. Et c’est dans le délire de l’orgueil que se déclarent toutes les rébellions, les haines, les troubles, et à tous les niveaux. Vous trouverez dans ce reflet, l’obscurité et la solitude pareille à ces toiles noires de la mélancolie.
Tout ceci n’est pas à propos de vous, c’est à propos de nous, et de chacun de nous. Tournez alors les talons et enivrez-vous de ce qui vous entoure.
Pancarte expliquant ma démarche et mon oeuvre lors de l’exposition au Jardin de la Fontaine de Nîmes en Juin.
Hermétisme
Je ne vais pas jouer les ignorants pour les beaux yeux de la douleur. Je refuse.
Je connaîtrai l’amour dans sa totalité, passant par les méandres de ses supplices, caressant ses seins avec vigueur et plongeant ma langue dans sa cruauté !
Et lorsque je finirai par en crever, j’aurai ce sourire en demi-lune qui vous dira d’aller vous faire enculer.